Le premier soin de Roman, en arrivant à Paris, fut de se rendre chez son ami, qui devina à sa triste mine et à son piètre équipage qu'il avait été déçu dans ses espérances.
—Eh bien! lui dit-il, tu ne reviens pas millionnaire, à ce qu'il paraît?
—Il s'en faut de tout, mon cher Salvador, répondit Roman en frappant sur ses poches vides. Je reviens assez semblable au philosophe Bias, c'est-à-dire que je porte avec moi toute ma fortune.
—Tu le vois, je n'avais pas tort lorsque je te disais que cette dernière tentative ne serait pas plus heureuse que toutes les précédentes.
—Tu avais raison, je ne veux pas le nier, répondit Roman, après s'être commodément établi dans un bon fauteuil à la Voltaire; mais si tu veux bien me le permettre, nous allons causer un peu de nos petites affaires. Fais défendre ta porte.
Salvador sonna.
—Je n'y suis pour personne, dit-il au domestique qui se présenta.
—Monsieur le marquis a sans doute oublié, répondit le domestique, que madame la marquise de Roselly a fait dire qu'elle viendrait à une heure prendre monsieur le marquis pour l'accompagner au bois...
—Monsieur le marquis n'y est pour personne, dit Roman, pas même pour madame la marquise de Roselly.
Salvador fit un signe pour approuver ce que venait de dire son intendant.