A quelques pas de l'hôtel de Pourrières, Silvia monta dans un cabriolet de place qui la mena à l'église Notre-Dame de Lorette.
—Je tâcherai, se dit-elle plus d'une fois durant le trajet, de faire une lune rousse de leur lune de miel; et s'il plaît au diable, je réussirai.
Nos lecteurs savent le reste.
IV.—Le château de Pourrières.
Le soleil vient de se lever, la rosée brille encore en perles étincelantes sur les feuilles des arbres séculaires du parc de Pourrières. Roman se promène en sifflotant le long de la barrière naturelle, que forme au parc du château de Pourrières le ravin dans lequel le malheureux Ambroise a trouvé la mort.
Roman n'a plus cette physionomie pleine et colorée que nous lui connaissons. Les lignes jadis pures de son visage, sont tourmentées; ses joues pendantes, sont pâles; de nombreuses rides sillonnent son front; ce ne sont pas les remords qui ont causé de tels ravages; mais bien le jeu et l'ivrognerie; car ses yeux ont conservé leur expression ordinaire d'insouciance, et ses lèvres, qui se relèvent un peu à chaque commissure, n'ont pas perdu leur expression sardonique.
Roman se promenait depuis quelques minutes seulement, lorsqu'il vit Salvador s'avancer vers lui.
Leur conversation nous apprendra quel motif les réunissait de si grand matin dans cette partie reculée du parc.
Roman fit quelques pas au-devant de son ami, il lui présenta sa main que Salvador refusa de serrer dans les siennes.
—A ton aise, dit-il, à ton aise.