»SILVIA.»
Le marquis de Pourrières à la marquise de Roselly.
Du château de Pourrières.
«Je vous remercie bien, ma chère Silvia, de l'avis que vous avez bien voulu me donner, quoiqu'il me soit parfaitement inutile, l'argent que M. Lebrun joue et perd en ce moment ne m'appartient pas, il se l'est procuré, je ne sais comment, mais ce n'est pas dans ma caisse qu'il l'a pris.
»Amusez-vous bien, et croyez que si vous avez hâte de me revoir, je ne suis pas moins impatient de pouvoir vous serrer dans mes bras, mais les devoirs conjugaux...
»Je quitterai Pourrières à la fin du mois prochain, peut-être avant.
M. Paul Féval à M. le marquis de Pourrières.
Genève.
«M. le marquis,
«Aussitôt notre arrivée à Genève je me suis occupé de chercher toutes les personnes en état de me donner quelques renseignements de nature à me mettre sur les traces de votre malheureux fils; j'ai vu le successeur du bon père Humbert, à l'hôtel de l'Ecu, messieurs Fazy Pasteur et Piachaut, ainsi que l'ancien bourgmestre de la ville et les divers membres du tribunal devant lequel le pauvre Fortuné, faussement accusé d'avoir assassiné celui qui avait pris soin de ses jeunes années, a été forcé de comparaître, et j'ai aujourd'hui la douleur de vous annoncer que toutes mes démarches ont été inutiles, toutes ces personnes ne m'ont appris que ce que je savais déjà.