Salvador, après avoir répondu comme il le devait à ces témoignages d'amitié, rappela au vicomte de Lussan qu'il venait de lui faire la promesse de lui apprendre une nouvelle qui devait, avait-il dit, beaucoup l'étonner.
—Ce pauvre Roman, dit le vicomte d'un ton affligé que démentait l'expression sardonique de son visage, quelle triste fin!
—Qu'est-il donc arrivé à Roman? répondit Salvador; je ne suis arrivé que ce matin et je ne l'ai pas encore vu, il n'avait pas passé la nuit à l'hôtel.
—Ne savez-vous pas qu'un homme a été assassiné cette nuit dans la rue de Courcelle?
—Si fait; mais qu'y a-t-il de commun, je vous prie, entre cet homme assassiné et Roman, est-ce que par hasard Roman?...
—Oh! non, heureusement; Roman est au contraire l'homme assassiné.
—Vous plaisantez?
—Du tout. Ayant lu ce matin dans un de mes journaux le récit de cet événement et le signalement de la victime, et ces détails ayant piqué ma curiosité, je suis allé de suite à la Morgue et j'ai parfaitement reconnu le cadavre du pauvre Roman.
—Je vais alors faire ma déclaration à la police, et donner des ordres afin que le corps de mon pauvre ami soit réclamé et que les honneurs funèbres lui soient rendus.
—C'est bien, mon ami, c'est bien.