»Mille baisers, et croyez à l'amour éternel de votre heureux époux,
»A. DE POURRIÈRES.»
Laure Féval à Lucie de Pourrières.
Guermantes, près Lagny.
«Nous avons achevé, ma chère Lucie, nos pérégrinations à travers l'Italie et la Suisse, et je suis, à l'heure qu'il est, installée avec mon bon oncle, dans le joli petit château que nous possédons à Guermantes, près Lagny.
»Je m'empresse de t'annoncer cette bonne nouvelle.
»Mon mari est toujours en Angleterre, il vient de nous écrire que les affaires qui ont nécessité sa présence dans ce pays, l'y retiendront encore au moins un mois, ne viendras-tu pas consoler un peu une pauvre veuve? mon bon oncle me charge de te dire qu'il ira te chercher si tu ne viens pas promptement, et comme il est très-capable de faire tout ce qu'il dit, j'ai l'espérance que tu voudras bien lui épargner la peine de faire un voyage de plus de deux cents lieues.
»Nous serions flattés, je n'ai pas besoin de te le dire, de recevoir avec toi M. le marquis de Pourrières.
»A bientôt, ma bonne Lucie, à bientôt, n'est-ce pas? Ne prends pas seulement le temps de me répondre, accours, j'ai hâte de serrer sur mon cœur ma plus ancienne et ma meilleure amie.
»LAURE FÉVAL.»