—Vous avez sans doute pris part aux méfaits de ces bandits, et c'est parce qu'aujourd'hui vous croyez avoir à vous plaindre d'eux que vous voulez les livrer.

—Vous vous trompez. J'ai commis bien des fautes, peut-être, mais je suis un honnête homme.

Le chef sonna, et dit quelques mots à l'oreille de l'homme qui répondit à cet appel. Cet homme sortit aussitôt, et quelques minutes après il apporta à son maître un des petits cartons placés sur les rayons qui garnissaient la salle d'attente.

Le chef chercha vainement, à son ordre alphabétique, une carte sur laquelle le nom de Beppo se trouvât inscrit.

—Qui me dit, ajouta-t-il après cette recherche infructueuse, que si votre offre est agréée vous nous servirez fidèlement?

—Vous pouvez, si vous ne vous en rapportez pas à moi, me faire surveiller, je n'ai pas d'ailleurs intérêt à vous tromper, puisque c'est gratuitement que je vous offre mes services. Si je réussis, je serai assez récompensé par le plaisir d'avoir, tout en me vengeant, rendu un important service à la société.

—Voilà, se dit le chef qui avait accordé aux paroles de Beppo la plus sérieuse attention, un indicateur comme on n'en rencontre guère.

—C'est bien! continua-t-il en élevant la voix; j'accepte les offres que vous venez de me faire. Si vous le voulez, et si vous nous servez avec fidélité, vous serez généreusement récompensé, mais si votre démarche cache un piège, malheur à vous, car c'est à vous qu'il sera fatal.

—Je ne crains rien, et la suite, je l'espère, vous apprendra que l'on peut se fier à Beppo lorsqu'il a donné sa parole.

—Allez donc, et puisse le ciel favoriser votre entreprise; il est beau, quoiqu'on dise, de mettre dans l'impossibilité de nuire, ceux qui se font un jeu de braver toutes les lois qui régissent la société.