L'homme à la redingote bleue et au chapeau à larges bords, marchait toujours derrière lui.
Beppo ne trouva pas sans peine la maison dans laquelle il voulait entrer, ce ne fut qu'après avoir parcouru en tous sens les rues Jean-Pain-Mollet, de la Vennerie et plusieurs autres, qu'il arriva rue de la Tannerie et s'arrêta devant la maison occupée par la mère Sans-Refus.
Il ne faisait pas encore nuit, une des odalisques de cet ignoble harem, montrait son œil à travers l'espace circulaire ménagé sur une des vitres enduites de blanc d'Espagne, qui garnissaient les châssis de la boutique.
Elle adressa à Beppo un signe provocateur.
Il entra.
La mère Sans-Refus dormait dans le vieux fauteuil placé derrière son comptoir; ses pensionnaires, diversement groupées, buvaient, fumaient ou jouaient aux cartes; l'une d'elles, seule à une table, sa tête, renversée en arrière, était appuyée contre la muraille, sa bouche entr'ouverte.
C'était celle que Beppo cherchait, il se plaça près de la table, et dit à une femme qui avait quitté ses compagnes lorsqu'il était entré et qui depuis lors marchait presque sur ses talons, de lui servir deux verres d'eau-de-vie.
—Deux glacis d'lance d'aff[588] à monsieur: voilà, répondit la fille, intérieurement très-vexée de ce que ce n'était pas à elle que cet étranger plus proprement vêtu que ceux qui fréquentaient habituellement l'établissement de la mère Sans-Refus, avait jeté le mouchoir.
Elle apporta cependant les deux verres d'eau-de-vie demandés, et retourna ensuite près de ses compagnes.
—Georgette? dit Beppo en secouant légèrement la fille près de laquelle il s'était placé et qu'il croyait endormie, Georgette?