V.—Un coin du voile se déchire.

Salvador venait d'achever sa toilette, et il allait sortir pour se rendre chez Silvia, lorsque son valet de chambre lui apporta une lettre qui venait d'être déposée chez le concierge de l'hôtel, auquel on avait fait la recommandation de la remettre à l'instant même à M. le marquis de Pourrières.

Comme cette lettre était ornée du cachet d'un de messieurs les juges d'instruction de la Seine, Salvador s'empressa de l'ouvrir. Voici ce qu'elle contenait:

«Monsieur le marquis,

Veuillez prendre la peine de passer de suite à mon cabinet; j'ai à vous faire une communication qui, je dois le croire, vous comblera de joie.

J'ai l'honneur, etc.»

Ceci, se dit Salvador après avoir lu, ne ressemble pas à un mandat de comparution; je crois que je puis sans me compromettre me rendre à l'invitation de cet estimable juge... La communication me comblera peut-être de joie... Je n'y comprends rien; si c'était un piège?... Ce n'est pas probable; et puis, après tout, au bout le bout.

Salvador sonna.

—La voiture! dit-il au valet qui se présenta à cet appel.

—Les chevaux sont attelés, répondit le domestique.