—Vous connaissez, dit le juge, la marquise de Roselly?

—Tout Paris sait que depuis longtemps je suis lié avec cette dame.

—Voici une lettre écrite par la marquise et qui vous est adressée, lettre que vous avez reçue, puisque c'est chez vous qu'elle a été trouvée, et qui prouve surabondamment que vous saviez fort bien que le nommé Lebrun jouait et perdait souvent des sommes considérables.

—Eh! mon Dieu, monsieur, je n'avais pas cru qu'il fût bien nécessaire de vous apprendre que ce malheureux était en effet un joueur effréné.

—Cet homme a été assassiné dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier, ainsi que le constate le procès-verbal du commissaire de police qui a relevé le cadavre, et votre propre déclaration faite le surlendemain devant le même commissaire de police.

—D'accord.

—On prétend que c'est vous qui, pour vous débarrasser de cet homme, qui, ainsi que je viens de vous le dire, jouait et perdait des sommes considérables qu'il ne pouvait prendre que dans votre caisse, l'avez assassiné.

—Je ferai à cette nouvelle accusation la réponse que j'ai faite à celle que vous formuliez tout à l'heure: il faudra prouver.

—C'est ce que nous allons tenter de faire; reconnaissez-vous ces objets?

Le juge montrait à Salvador un petit carnet en écaille orné d'incrustations en or, qui avait appartenu à Roman, et une tabatière de platine; Salvador reconnut parfaitement ces deux objets, mais ne sachant quel parti on en pouvait tirer contre lui, il crut ne pas devoir en convenir.