—Roman! s'écria celui-ci, en jetant sa tête en arrière, le masque était si ressemblant qu'il avait cru d'abord que c'était la tête de son complice que l'on venait de placer devant lui, et la frayeur qu'il avait éprouvée, lui avait arraché une exclamation dont il comprit toute l'imprudence, lorsqu'il entendit le juge dire à son greffier:

—Ecrivez, qu'ayant montré à l'accusé le masque en cire de l'homme assassiné rue de Courcelles, dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier, il a éprouvé un violent mouvement de surprise, et qu'il s'est écrié: Roman! ce qui permet de supposer que ce nom est celui de l'individu connu jusqu'à présent sous celui de Lebrun.

Le masque fut ensuite montré au grand Louis et à Charles la belle Cravate.

C'est le portrait du Provençal! s'écrièrent-ils tous deux, il est bien ressemblant.

Après cet incident, le juge recommença à interroger Salvador.

—Vous le voyez, lui dit-il, ces deux individus qui ne sont autre chose, ils en conviennent, que des voleurs de profession, vous reconnaissent parfaitement.

—Mais, moi, je ne les connais pas, et comme la profession qu'ils exercent, n'est pas, je le suppose, un titre à la confiance, je crois qu'entre leur affirmation et ma négation, il ne doit pas être permis d'hésiter.

—Si vraiment vous n'êtes pas celui qu'ils nomment Rupin, si vraiment vous n'êtes jamais allé dans la maison Sans-Refus, à quel motif attribuez-vous la reconnaissance formelle de ces deux hommes.

—Eh! que sais-je, à l'envie de se rendre importants peut-être; si vous voulez me permettre d'adresser quelques questions à l'un ou à l'autre de ces deux misérables, je crois qu'il me sera possible de vous prouver qu'ils ne sont que des imposteurs.

Ayant obtenu du juge la permission qu'il demandait, Salvador s'adressa au grand Louis.