—La mort du juif Josué, dit le juge, après avoir patiemment écouté les protestations d'innocence de Salvador, fut d'abord attribuée à un suicide; mais l'examen de son cadavre fit découvrir autour de son cou des marques évidentes de strangulation. On dut alors faire des recherches pour découvrir les assassins: ces recherches ne produisirent rien; le cadavre fut rendu à la famille, qui le fit inhumer, et la justice des hommes, impuissante pour le moment, dut remettre à celle de Dieu le soin de l'éclairer: elle ne lui fit pas défaut.

—Je vous avoue, monsieur, que je suis curieux de savoir quels sont les moyens employés par la justice de Dieu pour me faire paraître coupable d'un crime que je n'ai pas commis?

—Vous allez les connaître.

Le juge fit un signe à son greffier, qui dit quelques mots à voix basse au garçon de bureau, qui apporta au bout de quelques instants un porte manteau dans le cabinet.

—Vous connaissez ce porte manteau? dit le juge.

—Sans doute, c'est le mien, répondit Salvador.

—Tout ce qu'il renferme vous appartient?

—Voyons, se dit Salvador, qu'ai-je mis dans ce porte manteau? puis-je sans inconvénient reconnaître tout ce qu'il renferme?

Le garçon de bureau avait étalé sur une table tout les objets que renfermait le porte manteau, des habits, du linge, un nécessaire de toilette.

—Je puis sans crainte reconnaître tout cela, se dit-il encore.