Salvador, le vicomte de Lussan et la marquise de Roselly (cette dernière par contumace) furent condamnés à la peine de mort.
La Sans-Refus et Vernier les bas bleus absents, le grand Louis et Charles la belle Cravate furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Les autres bandits furent punis plus ou moins sévèrement. Cornet Tape dur, Robert et Cadet-Vincent furent les moins maltraités.
II.—Évasion.
Lorsque le président, après avoir lu les articles du code pénal applicables à Salvador et au vicomte de Lussan eut prononcé la peine de mort contre ces deux scélérats, le dernier arrangea son jabot et ses manchettes avec autant de grâce et d'aisance que s'il s'était trouvé dans la loge de sa danseuse, il passa sa main droite entre les longues boucles de sa magnifique chevelure, et après avoir salué le tribunal, les jurés et l'auditoire, il suivit le gendarme chargé de veiller sur lui. Salvador était peut-être un peu moins rassuré que son complice, il fit cependant bonne contenance.
—Eh bien! mon très-cher, dit le vicomte de Lussan à Salvador en descendant les escaliers qui, de la cour d'assises conduisent à la Conciergerie, que dites-vous, de cela?
«Belle conclusion et digne de l'exorde,»
n'est-il pas vrai?
—Que voulez-vous, vicomte, nous avons perdu la partie; la Grève est le champ de bataille sur lequel doivent se terminer les exploits des gens qui nous ressemblent, nous subissons la loi commune, nous aurions par conséquent mauvaise grâce à nous plaindre.
—Il n'est pas moins vrai qu'il est fort désagréable de mourir lorsque comme nous on est encore jeune et doué d'une santé capable de défier les meilleurs médecins, mais comme l'a fort bien dit un honorable, c'est un fait accompli.