L'affiliation à la bande des frères Bisson de Trets, dont les déprédations avaient désolé les départements du Var et du Rhône à une époque correspondante à celle pendant laquelle ils en avaient fait partie.

L'assassinat du marquis Alexis de Pourrières pour s'emparer de son nom et de sa fortune, ce à quoi ils avaient réussi.

Celui du juif Josué, assassinat suivi du vol d'une somme de deux cent mille francs. Catherine Fontaine, veuve du marquis de Roselly, était accusée d'être complice de ce crime, dont elle devait avoir favorisé l'exécution en attirant et retenant chez elle la victime jusqu'au moment propice pour le commettre.

Celui des nommés Délicat, Rolet le mauvais Gueux et Desbraises dit Coco. Le vicomte de Lussan, Grand-Louis, Charles la belle Cravate et Vernier les Bas-Bleus étaient accusés d'avoir pris part à ce dernier crime.

De Lussan était accusé, ainsi que Salvador, d'avoir fait partie d'une association de malfaiteurs et d'avoir pris part, soit en aidant ses complices de sa personne, soit en leur donnant des conseils, soit en leur faisant acheter les objets volés par la fille Marie-Madeleine-Comtois dite Sans-Refus, à une infinité de vols.

Le noble vicomte avait encore à répondre du meurtre commis avec préméditation sur la personne du nommé Beppo.

La mort épargnait à ce dernier la honte d'être forcé de s'asseoir sur les bancs de la Cour d'assises, à côté de ceux qu'il avait fait prendre, car les révélations des bandits arrêtés chez la Sans-Refus avaient appris qu'il s'était rendu coupable d'une tentative de meurtre sur Préval à Hyères, et sur la marquise de Roselly, et avaient donné à la police le mot d'une énigme qui l'avait intriguée longtemps.

Enfin, l'acte d'accusation reprochait à Salvador et à Silvia l'assassinat commis sur la personne de Roman, et au premier seulement, d'avoir fabriqué un faux passe-port et d'en avoir fait usage.

Salvador, le vicomte de Lussan, le Grand Louis, Charles la belle Cravate et les autres bandits arrêtés rue de la Tannerie, comparaissaient seuls devant leurs juges; on avait en vain cherché la marquise de Roselly, la Sans-Refus et Vernier les bas Bleus.

Les débats furent longs et animés, l'attente des jolies dames qui vont demander des émotions aux sombres drames qui se jouent devant la cour d'assises ne fut pas trompée, elles trouvèrent seulement que celui dans lequel Salvador et le vicomte de Lussan jouaient les principaux rôles manquait d'imprévu; en effet, l'instruction avait été faite avec tant de soin, elle avait recueilli un si grand nombre d'éléments propres à aider l'accusation, que dès le premier jour, le résultat fut prévu. Aussi, lorsque les jurés apportèrent en sortant de la salle de leurs délibérations une réponse affirmative à toutes les questions qui leur avaient été posées, cela n'étonna personne.