I.H.B. SPIERS.
PHILADELPHIA,
October, 1905.

PERSONNAGES

PERRICHON
LE COMMANDANT MATHIEU
MAJORIN
ARMAND DESROCHES
DANIEL SAVARY
JOSEPH, domestique du Commandant
JEAN, domestique de Perrichon
MADAME PERRICHON
HENRIETTE, sa fille
UN AUBERGISTE
UN GUIDE
UN EMPLOYÉ DU CHEMIN DE FER
UN FACTEUR
COMMISSIONNAIRES, VOYAGEURS, ETC.

ACTE PREMIER

Gare du chemin de fer de Lyon[1], à Paris.—Au fond, de face, barrière ouvrant sur les salles d'attente[2]. Au fond, à droite, guichet pour les billets. Au fond, à gauche, bancs. A droite, marchande[3] de gâteaux; à gauche, marchande de livres.

SCÈNE PREMIÈRE

MAJORIN, UN EMPLOYÉ DU CHEMIN DE FER, UN FACTEUR, VOYAGEURS, COMMISSIONNAIRES[4]

Majorin, se promenant avec impatience.—Ce Perrichon n'arrive pas! Voilà une heure que je l'attends… C'est pourtant bien[5] aujourd'hui qu'il doit partir pour la Suisse avec sa femme et sa fille… (Avec amertume.) Des carrossiers[6] qui vont en Suisse! Des carrossiers qui ont quarante mille livres de rentes! Des carrossiers qui ont voiture! Quel siècle! Tandis que moi, je gagne deux mille quatre cents francs… un employé laborieux, intelligent, toujours courbé sur son bureau… Aujourd'hui, j'ai demandé un congé… j'ai dit que j'étais de garde[7]… Il faut absolument que je voie Perrichon avant son départ… je veux le prier de m'avancer mon trimestre… six cents francs! Il va prendre son air protecteur… faire l'important[8]!… un carrossier! ça fait pitié[9]! Il n'arrive toujours[10] pas! on dirait qu'il le fait exprès! (S'adressant à un facteur qui passe suivi de voyageurs.) Monsieur… à quelle heure part le train direct pour Lyon?

LE FACTEUR, brusquement.—Demandez à l'employé[11], (Il sort par la gauche[12].)

MAJORIN.—Merci… manant! (S'adressant à l'employé qui est près du guichet.) Monsieur, à quelle heure part le train direct pour Lyon?