ARMAND.—Oui, commandant.

LE COMMANDANT.—Oh! alors! je puis vous faire ma confession… J'ai le malheur d'avoir une faiblesse… J'aime.

ARMAND.—Vous?

LE COMMANDANT.—C'est bien ridicule à mon âge, n'est-ce pas?

ARMAND.—Je ne dis pas ça.

LE COMMANDANT.—Oh! ne vous gênez pas[8]! Je me suis affolé d'une jeune personne qui se nomme Anita… et qui se moque de moi. Cela me ruine. Je veux la quitter, je pars, je fais deux cents lieues; j'arrive à la mer de Glace… et je ne suis pas sûr de ne pas retourner ce soir à Paris!… C'est plus fort que moi!… L'amour à cinquante ans… voyez-vous[9]… c'est comme un rhumatisme, rien ne le guérit.

ARMAND, riant.—Commandant, je n'avais pas besoin de cette confidence pour arrêter les poursuites… je vais écrire immédiatement à Paris…

LE COMMANDANT, vivement.—Mais, du tout![10] n'écrivez pas! Je tiens à être enfermé; c'est peut-être un moyen de guérison. Je n'en ai pas encore essayé.

ARMAND.—Mais cependant…

LE COMMANDANT.—Permettez! j'ai la loi pour moi[11].