«En entendant les crieurs hurler sur le boulevard: Le Journal, par Alphonse Karr et son supplément, on se demandait naturellement si ce supplément était l'associé de M. Alphonse Karr, ou tout simplement une double feuille de papier. Cette tournure de phrase nous rappelle l'embarras de ce brave homme, propriétaire d'un bain sur la Seine, qui passa toute sa vie à rédiger l'enseigne de son établissement et n'y put jamais parvenir. Il avait d'abord trouvé Bains à quatre sols pour les femmes à fond de bois. Mais il vit qu'on riait: il changea en Bains à fond de bois pour les femmes à quatre sous. On rit encore plus, et sa clientèle, se trouvant insultée, l'abandonna; il mourut de désespoir de n'avoir pas pu rédiger son enseigne convenablement.»
--J'ai lu autrefois, dans une publication périodique, intitulée avec un peu de vanité Recueil encyclopédique belge, une page singulière, intitulée Pensées sur l'homme. Il m'a semblé tout d'un coup que ces pensées avaient été écrites par un homme marin. Vous allez juger comme c'est liquide:
Première pensée: «Vois le ruisseau; il fuit...; enfin il va se perdre dans la mer.» N'est-il pas vrai que c'est là un début très-mouillé?
Deuxième pensée: «Un océan d'amertume environne l'esprit de l'homme, comme l'immensité des eaux enveloppe la terre.» C'est encore de l'humidité.
Quatrième pensée: «L'oubli passe l'éponge sur le nom de l'égoïste.» On voit que l'auteur est un homme qui se débarbouille.
Cinquième pensée: «Le présomptueux s'embarrasse dans ses paroles, comme le poisson dans les filets; ils se prennent l'un et l'autre à l'hameçon.» Le penseur, à coup sûr, vit dans l'eau.
Dans la sixième pensée, il compare l'espérance aux feux follets qui naissent dans les marécages; et il n'y a que huit pensées.
Quand je vous disais que l'auteur est un homme marin! Il a signé; et il s'appelle De la Flotte.
Non loin du camp, la nuit, après certaine attaque,
Un soldat se mit à crier: