Le duc de Vendôme disait assez plaisamment:--Dans la marche des armées, j'ai souvent examiné les querelles des mulets et des muletiers; et j'ai remarqué qu'à la honte de l'humanité, la raison était presque toujours du côté des mulets.

Deux paysans terminaient un procès par un arrangement:--Celui qui avait tort s'obligeait à livrer à l'autre, dans trois mois, pour l'indemniser, un cochon?--Mais, quel cochon? demanda l'arbitre. Un petit cochon n'en vaut pas un gros. Quel poids aura-t-il?--Écrivez, répondit le premier: «Un cochon raisonnable.»

RAMPON

Quand le premier consul Bonaparte voulut récompenser les services qui avaient illustré depuis dix ans la carrière militaire du général Rampon, il fit savoir au conseil des Cinq Cents, qui, dans la constitution d'alors, avait le privilège de présenter une liste de trois noms, parmi lesquels le premier consul choisissait celui qu'il jugeait digne du titre de sénateur, qu'il désirait qu'on portât le général Rampon. L'assemblée accueillit cette communication avec sympathie. Mais il y avait alors dans les Cinq Cents un prêtre marié nommé Lecerf, dont les opinions républicaines conservaient la teinte de 93. Il crut faire acte de courage et de malice, en écrivant sur son bulletin: Puisqu'il faut ramper, Rampon. Le premier consul ne fit que rire du calembour.

RASER

Peu de jours après son arrivée à la Bastille, Linguet voit entrer dans sa chambre un grand homme sec qui lui cause quelque frayeur.

--Qui êtes-vous, monsieur? lui dit-il.

--Je suis le barbier de la Bastille.

--Parbleu! vous auriez bien dû la raser.

RASSIS