«Petit pape, petit papelin, vous êtes un âne, un ânon; allez doucement, il fait glacé, vous vous rompriez les jambes, et on dirait: que diable est-ce ceci? Le petit ânon de papelin est estropié, un âne sait qu'il est un âne, une pierre sait qu'elle est une pierre; mais ces petits ânons de papes ne savent pas qu'ils sont ânons.»

Tel était le style dans lequel Luther écrivait au pape Léon X, le restaurateur des arts et des lettres.

J'admire, disait un membre d'assemblée populaire, à propos de la force, j'admire celle de Samson qui, avec une mâchoire d'âne, passa mille Philistins au fil de l'épée.

Dryden se trouvant un jour, après boire, avec le duc de Buckingham, le comte de Rochester et le lord Dorset, la conversation vint à tomber sur la langue anglaise, sur l'harmonie du nombre, sur l'élégance du style, sorte de mérite auquel chacun des trois seigneurs prétendait exclusivement et sans partage. On discute, on s'échauffe, on convient enfin d'en venir à la preuve, et de prendre un juge. Ce juge fut Dryden. La preuve consista à écrire, isolément et sans désemparer, sur le premier sujet venu, et de mettre les trois thèmes sous le chandelier. On se met à l'ouvrage... Le duc et le comte font des efforts de génie. Le lord Dorset trace négligemment quelques lignes. Quand chacun eut fini et placé son chef-d'oeuvre sous le chandelier, Dryden procède à l'examen. Dès qu'il eut achevé la lecture des trois pièces: «Messieurs, dit-il au duc de Buckingham et au comte de Rochester, votre style m'a plu, mais celui du lord m'a ravi. Écoutez; c'est vous qu'à présent je fais juges.» Dryden lit: «Au premier de mai prochain (fixe) je paierai à John Dryden, ou à son ordre, la somme de cinq cents livres sterling, valeur reçue; 15 avril 1686. Signé Dorset.» Après avoir entendu ces expressions, Rochester et Buckingham ne purent disconvenir que ce style ne l'emportât sur tout autre.

Nous empruntons à la Gazette des Tribunaux un modèle du style soldat:

Bourjot, bijoutier jeune France, est assis sur les bancs de la police correctionnelle (7e chambre), et Combes, soldat du centre, s'avance au pied du tribunal pour déposer contre lui; il se met au port d'armes, adresse un petit sourire d'amitié au prévenu, et attend que M. le président l'interroge.

M. le président.--Voyons... que savez-vous sur les faits de la plainte?

Combes.--Je sais que Bourjot est un bon enfant... là... mais un bon enfant... Il avait seulement un peu siroté ce jour-là... ça peut arriver à tout le monde...

M. le président.--Bourjot est accusé d'avoir frappé un agent de la force publique dans l'exercice de ses fonctions...

Le témoin.--C'est moi qu'étais dans l'exercice de ma faction.