—Mais, nous autres paroissiens, nous avons bien le droit d'agir un peu différemment… Nous pouvons nous rappeler qu'autrefois le peuple élisait ses curés et participait à l'élection des évêques et même des papes. Ce n'est pas une raison parce que des rois se sont entendus avec d'aucuns de ceux-ci pour confisquer nos antiques privilèges, de ne pas nous en souvenir. Il faut donc que toute la paroisse adresse une pétition à l'évêque pour lui demander le maintien de notre curé. Mais,—ajouta-t-il,—comme il n'y en a guère que deux ou trois qui sachent signer, nous ferons comme on faisait jadis, nous appellerons un notaire qui dressera un acte de notre protestation:
Parle papier!
»Voilà, dans la position où nous sommes, ce qu'il y a de mieux à faire. Un chien regarde bien un évêque, nous pouvons donc lui adresser la parole. Êtes-vous de cet avis?
—Oui! oui! crièrent tous les gens qui étaient là.
—Eh bien! donc, je vais envoyer quérir le tabellion. Vous autres, revenez à l'heure de vêpres, et soyez là, tous, sans faute; que personne ne reste à la maison: plus nous serons, mieux ça vaudra… Maintenant, je vous dirai que les gens en place, qu'ils aient une robe ou un habit, ne voient pas toujours les choses comme il faut, en sorte que je ne sais pas trop ce qu'il adviendra de notre protestation: peut-être s'en ira-t-elle en eau de boudin, en brouet d'andouilles, nous le verrons bien!
Il ne faut pas laisser de semer pour la crainte des pigeons.
»Pour moi, je l'ai dit d'abord: si on nous ôte notre curé, je ne mets plus les pieds à l'église!
—C'est ça! c'est ça! Ni nous non plus!
—Et si on nous en envoie un autre, il dira sa messe tout seul!
Un chien est fort sur son palier,