Pendant ce temps, je dis à la Fantille:

—Ma pauvre, nous n'avons plus qu'à faire notre paquet.

Et aussitôt, ne voulant pas rester une heure de plus avec ces gens-là, tant leur cupidité me faisait horreur, je rassemblai mes hardes et autant en fit la Fantille. Mais, au moment de partir, la femme nous dit:

—Et qu'est-ce que vous emportez dans vos paquets?

—Rien qui soit à vous, brave femme, n'ayez crainte.

Sortis de la maison, je demandai à la Fantille:

—Où pensez-vous aller à cette heure?

—Et où veux-tu que j'aille, si ce n'est chez M. le Chevalier? Ils me garderont bien jusqu'à ce que j'aie trouvé une place, ajouta-t-elle tristement.

Pauvre Fantille! elle approchait de la soixantaine, et n'était plus bien leste, et il lui fallait aller se louer chez des étrangers, au moment où elle aurait eu besoin d'un peu de repos.

—Je vais donc vous accompagner, lui dis-je; mais auparavant nous allons passer chez Jean, j'y poserai mon paquet.