—Mon pauvre Martissou, le mieux, c'est de vendre la chienne, comme dit le garde; le notaire de Ladouze te l'a demandée plusieurs fois, mène-la-lui: il t'en donnera bien quatre ou cinq écus peut-être, puisqu'elle est bonne pour suivre le lièvre.

—Je ne veux pas la vendre! répondit mon père.

—Alors, mène-la chez ton cousin de Cendrieux: il te la gardera jusqu'à tant que nous partions d'ici, car nous ne pouvons plus y rester; il arriverait quelque chose.

—Femme, tu as raison, à ce coup, dit sourdement mon père: je l'y mènerai dimanche qui vient.

Le samedi, comme mon père liait les bœufs pour aller quérir de la bruyère, un individu à cheval, d'assez mauvaise figure, vint à Combenègre, entra dans la cour, et, s'adressant à mon père:

—C'est vous Martissou le Croquant, le métayer de M. de Nansac? dit-il.

—C'est moi.

—Alors, voilà un acte de sortie de la métairie.

Et il tendit un papier à mon père.

Lui, le prit, le déchira en mille morceaux et les jeta au nez de l'huissier.