Le dimanche après notre mariage, sans plus tarder, je m'en fus avec ma Bertrille à Fanlac pour rendre nos devoirs au chevalier de Galibert et à sa sœur. Quoique je leur eusse mandé que je prenais femme, ce n'était pas suffisant. Mais, arrivés là-bas, la veuve de Séguin le tisserand nous dit que la demoiselle Hermine était morte il y avait un an à la Saint-Martin. Quant à son frère il était toujours là, bien vieilli tout de même et attristé de la mort de sa sœur. Nous le trouvâmes dans le salon à manger, devant un grand feu de bûches, se chauffant les jambes où il avait des douleurs qui lui faisaient serrer les dents quelquefois. Mais ça ne l'empêcha pas de nous faire un bon accueil et de nous régaler de quelques vieux dictons, quoique à mon avis il ne les plaçât pas aussi à propos que dans le temps.

—Ah! te voilà, maître Jacques! fit-il en réponse à mon salut et celle-ci est ta femme, je parie?

—Eh! oui, monsieur le Chevalier.

—Alors vous êtes de la religion de saint Joseph: quatre sabots devant le lit!

Nous rîmes un peu et lui continua:

—Puisque tu es entré en ménage, Jacquou, rappelle-toi comme l'homme se doit gouverner: «Compagnon de sa femme et maître de son cheval…» Tout doit être commun entre vous autres, le malheur et le bonheur, aussi bien que les choses du train ordinaire de la vie, comme le marque le dicton familier:

Boire et manger, coucher ensemble,

C'est mariage, ce me semble.

Là-dessus, le chevalier me demanda où j'étais maintenant et ce que je faisais.

Quand je le lui eus dit: