—Grand merci, monsieur le Chevalier, pour cette parole, et grand merci mille fois pour toutes vos bontés passées, desquelles je vous serai reconnaissant tant que j'aurai vie au corps. Ça n'est point probable que ça arrive, je suis trop petit pour ça, mais si, de mon côté, je pouvais vous être utile en quoi que ce soit, ce serait de bien bon cœur.

—Merci, mon Jacquou! ça n'est pas de refus:

On a souvent besoin d'un plus petit que soi.

«Allons, adieu, mes droles!

—Bonsoir, monsieur le Chevalier, et bien de la santé nous vous désirons.

—Quel brave homme! me disait ma femme en nous en allant, et qu'il est plaisant avec ses ricantaines et ses proverbes!

—Et si tu avais connu sa sœur, donc! Celle-là, c'était une sainte. Pauvre demoiselle, qui m'a fait mes premières chemises quand je suis arrivé à Fanlac!… Je ne me consolerai jamais de n'avoir pas été à son enterrement!

Guère de temps après mon mariage, je compris que de travailler, par-ci par-là, à la journée, gagnant quelques sous, chômant souvent, et réduit à m'aider pour vivre de quelques petits ouvrages, c'était chose trop incertaine et ingrate, maintenant que j'étais en ménage, et que mieux vaudrait avoir un état, ou entreprendre un travail où ma petite capacité pourrait me servir plus profitablement que dans le métier de journalier. Comme je n'approuvais qu'à demi le proverbe que le chevalier disait parfois en riant:

Qui croit sa femme et son curé

Est en hasard d'être damné…