—Si cela était, riposta la vieille demoiselle en riant, nous ne serions pas si bons amis.

—Bien touché! fit le curé en riant aussi. Et où est M. le Chevalier?

—Il est allé jusqu'à La Grandie, voir si le meunier a ramassé beaucoup de blé.

—C'est à craindre que non. Avec la sécheresse qu'il fait depuis un mois, l'étang doit être à sec… Allons, mademoiselle, au revoir et merci!

En sortant de là, nous allâmes chez le tisserand. Dans une espèce d'en-bas, comme un cellier, où l'on n'y voyait guère, l'homme était assis sur une barre, faisant aller son métier des pieds et des mains, comme une araignée filant sa toile.

—Séguin, dit le curé, il me faudrait de bon droguet solide, pour faire des culottes à ce drole et une veste.

—Ça ne sera pas de gloire… monsieur le Curé, je vais vous donner ça.

Et, ayant fait le prix, l'homme mesura avec son aune l'étoffe que le curé emporta. En chemin, il entra dans une petite maison.

—Ton homme n'y est pas, Jeannille?

—Eh! non, monsieur le Curé, il travaille à Valmassingeas; mais demain il aura fini.