—Alors, qu'il vienne demain, sans faute; ne manque pas de l'avertir; c'est pour habiller ce drole: tu vois qu'il en a besoin.

—Oui, le pauvre!

—Maintenant, me dit le curé en nous en allant, je te ferai porter une paire de sabots de Montignac et un bonnet: ainsi tu seras équipé.

—Faites excuse; monsieur le Curé, mais je n'ai pas besoin de sabots avant l'hiver, étant habitué à marcher nu-pieds dans les pierres et les épines, et, pour ce qui est d'un bonnet, je ne puis rien souffrir sur la tête.

—C'est vrai que tu as une bonne perruque; mais tout ça te servira à un moment ou à l'autre.

Dès que nous fûmes rentrés, la Fantille demanda au curé où est-ce qu'il entendait me faire coucher.

—Dans la chambrette qui est derrière la tienne, où l'on met les hardes; tu lui arrangeras le lit de sangles.

Et il alla dans le jardin lire son office.

Le soir, M. le chevalier de Galibert vint après souper, et, me voyant, dit:

—Ah! ah! voilà le petit sauvage de la Forêt Barade… Quels yeux noirs, et quels cheveux! il y a là une goutte de sang sarrasin… Et que faisais-tu là-bas, garçon?