Lorsque le curé revint le surlendemain, je connus à sa figure que quelque chose n'allait pas bien. Lui ayant demandé s'il avait fait bon voyage, il me répondit:

—Oui, Jacquou, quant à ce qui est du voyage lui-même.

Je n'osai en demander davantage, et j'emmenai la jument à l'écurie.

Aussitôt qu'il sut le retour du curé, le chevalier vint au presbytère savoir ce qu'il en était, et, le soir, il raconta tout à sa sœur. Le curé avait, lors de la Révolution, prêté serment à la constitution civile du clergé, et voici que, trente ans après, on s'avisait de le chicaner là-dessus; oui! et on lui demandait une rétractation publique de son serment.

Lui, avait répondu à l'évêque qu'il avait autrefois prêté ce serment, parce qu'il n'intéressait point les dogmes de l'Église; que sa conscience ne lui reprochait rien à cet égard, et qu'il n'était point disposé à une rétractation, ni publique, ni secrète.

Là-dessus, l'évêque, de son air de grand seigneur ecclésiastique, l'avait congédié en l'invitant à réfléchir mûrement avant que de s'engager dans une lutte où il serait brisé comme verre.

—Les ultras du clergé, c'est-à-dire les jésuites et leur séquelle, perdront la religion, comme les ultras royalistes perdront la royauté!—ajouta en manière de conclusion le chevalier.

—Et que va faire le curé? demanda la demoiselle Hermine.

—Rien; il dit qu'il les attend.

Sur ces entrefaites, le chevalier attrapa un refroidissement et fut obligé de se mettre au lit. Sa sœur le tourmentant pour voir un médecin, il me fit appeler: