—Alors, tu ne veux pas te confesser?

—Ça n'est pas mon idée.

Là-dessus il se mit à me prêcher, disant qu'en ce cas, il ne pourrait pas me marier, que les sacrés canons s'y opposaient; que ce serait un grand scandale si nous n'allions pas à l'église; que les gens ne nous regarderaient pas comme mariés, et beaucoup d'autres choses.

—Ecoute, tiens, je suis arrangeant: je vais te confesser là, tout présentement, sur l'heure; tu n'as qu'à me dire bonnement en gros ce que tu as fait... sans quitter ton travail: voyons, ce n'est pas la mer à boire?

Mais j'étais entêté, comme avait dit mon oncle.

—Monsieur le curé, je ne veux me confesser d'aucune manière, ni debout, ni à genoux, ni au confessionnal, ni dans le moulin. Si vous ne voulez pas me marier sans ça, eh bien, je me contenterai du maire.

—Alors, tu ne seras pas marié; tu vivras tout simplement en concubinage!

La moutarde me monta au nez, comme on dit, et je ripostai vivement:

—Je ne serai pas le seul dans la paroisse! Vous savez bien que je pourrais en nommer qui vivent comme ça, pas sans curé si vous voulez d'une manière, mais sans maire et sans contrat!

Le curé comprit, resta coi un instant et me quitta en disant: