—Qu'est-ce que tu veux me faire boire encore? dit M. Masfrangeas.
—Ça, dit mon oncle, en prenant la petite bouteille, c'est de l'eau-de-vie faite par mon grand-père, en l'an onze.
—Bigre! fit M. Masfrangeas.
—Ça fait, reprit mon oncle, qu'elle a ses quarante et un ans. Après ça, si tu as peur qu'elle te fasse mal? ajouta-t-il en goguenardant.
—Les bonnes choses ne font jamais mal, dit M. Masfrangeas en tendant sa tasse après l'avoir bien rincée.
Cette vénérable eau-de-vie fut bue avec recueillement, et M. Masfrangeas exprima ainsi sa façon de penser:
—On devrait se mettre à genoux pour boire cela!
—Malheureusement, il n'en reste plus que deux ou trois pintes, ce sera pour quand Hélie se mariera.
Je me mis à rire, et ma mère dit:—Alors elle a encore le temps de vieillir, ça ne sera pas demain.
—Non, reprit mon oncle, et en ce moment, il pense plutôt à aller voir les baraques; nous allons y aller, tu vas voir, mon fils.