—Si nous buvions à la santé de Gustou, qui a tué le levraut? dit mon oncle.
—C'est assez bu, Rétou, dit M. Masfrangeas en posant la main sur son verre.
—Allons, eh bien! à la santé de la petite Nancy, qui est allée, à demi-lieue, au Bois-du-Chat, pour ramasser les oronges! Hein?
—Ah ça! est-ce que tu voudrais me faire griser?
—Non pas, je te connais, mon vieux Frangeas, ce n'est pas trois ou quatre bouteilles qui te font peur.
—Autrefois, oui.
—Tiens, du gâteau d'amandes.
Au bout d'un moment:—L'ingratitude, dit mon oncle, est un grand défaut. Tu ne refuseras pas au moins, mon ami, de boire à la santé de ma belle-sœur, qui nous a fait si bien souper?
—Ha! pour ça non, et ce sera de bon cœur, dit M. Masfrangeas en tendant son gobelet.
Et nous trinquâmes tous à la santé de ma chère mère.