Lorsque je vous taquine, ne vous égarez pas, ne vous agitez pas. Tout à l’heure, votre flanc droit a soulevé le rideau. Les passants vous auraient vue, beaucoup plus belle que vous ne naquîtes, si je vous avais rappelée brusquement.


Il est vrai que je vous aurai appris bien des choses. Notamment qu’il est vilain de geindre, et plus décent de se moquer, lorsqu’on est triste. Cependant, je vous dois réciproquement beaucoup. Comme il est instructif d’aimer !


Oh ! ne me rompez pas la tête, avec votre Lilienmilch ! C’est une affreuse chimie. Je préfère mille fois mon savon de Marseille, avec trois gouttes d’essence. Avant de rire, essayez. Vous ne savez pas ce que c’est, lorsqu’il est très bon, lisse et blanc, doux comme l’amande nouvelle.

Lilienmilch, lait de lys. Ce mot finira par me capter. Je vous en ferai un autre nom, pour vous nommer quand nous sommes tous les deux seuls, tout seuls au monde comme à présent.

Ce village de la Grèce, dont on m’a parlé, qui s’appelle Méligala, c’est à peu près la même idée. Mais le mot est plus noble… L’autre, pour un savon, que de poésie ! Vous avouerez que l’allemande est une langue nigaude.


Oui, voyons. Oui ! Je le sais très bien, que vous n’êtes pas Allemande, mais d’une espèce de contrée exiguë bien que souveraine, dont les manuels pour le baccalauréat méconnaissent l’histoire.