— Oui… à l’étranger ?

— Non, fit P’tit-Jy. Qu’est-ce que c’est que ce jeune homme-là ?

— Oh ! Une idée que j’avais…

Il y eut un silence ; puis P’tit-Jy dit, d’un ton sérieux. « Ne t’occupe pas des jeunes gens, va, Fifi. Le meilleur d’eux tous ne vaut rien, t’entends… J’espère bien que t’es chipée pour personne, Fifi ? »

Sophie fit non de la tête. Ses yeux étaient tristes. Elle pensait à Scholch. Elle venait de décider qu’elle ne parlerait pas de lui à P’tit-Jy.

D’ailleurs, P’tit-Jy n’insistait pas. Mais, après avoir allumé une autre cigarette, elle reprit :

— Bien sûr ! rester toute seule, c’est pas drôle. C’est bon d’avoir un petit homme. Seulement, quoi ! C’est la misère un homme. Il te sucera les moelles. Et il se fiche de toi par derrière. Et mets qu’il te trompe, tu souffres et tu fais des bêtises ! Faut rester seule, Fifi !

— Oh ! murmura Sophie involontairement, c’est dur quand on a goûté au ménage !

Alors P’tit-Jy se mit sur son séant, regarda Sophie, et dit :

— Raconte-moi donc un peu ta vie, ma choute.