— Oh ! quand on aime bien un homme, c’est tout naturel de lui donner ce qu’on a !

— Eh bien non ! j’en aurais peut-être envie, mais s’il se laissait faire, il me dégoûterait.

— A ce compte-là, pourquoi que t’aimes pas tes michets, alors ? Ils te paient, eux, ils se conduisent en hommes… T’es bête, Georgette, on ne gobe pas quelqu’un parce qu’il fait quelque chose pour vous, parce qu’il est chic. On l’aime parce qu’on l’aime, parce qu’il est comme il est. Hein, Lucie ?

— Et puis ! Tous les hommes sont mecs !

— Ça !… Moi je dis que ce sont les femmes qui les rendent maquereaux. En v’là un, par exemple, il était employé, la femme que je connais l’a fait lâcher sa maison, elle ne voulait pas qu’il travaille, elle voulait l’avoir tout le temps à elle, son petit homme. Eh bien ! sa place perdue, il faut pourtant qu’il vive. Et en v’là un de plus.

— Mais toi la Turque ? Tu ne dis rien ?

— Ah ! les hommes me dégoûtent ! tout me dégoûte ! J’ai envie de boire et de faire la bombe ! On s’embête trop autrement… Voilà le monde qui arrive. A tout à l’heure.

— Toi aussi, Lucie, tu t’en vas ?

— Je vais faire un tour.

— Eh bien, reste avec moi Georgette, on est aussi bien à l’entrée qu’ailleurs. On va voir venir. Tiens ! Deux bossus !… il va pleuvoir !…