Toi, dont ma mère osait se vantair d'être fille.

A la vérité, dans ce dernier cas, les acteurs ne faisaient qu'appliquer à des mots placés dans le corps du vers la règle forcément adoptée pour certaines rimes dites normandes, ainsi nommées parce qu'elles reposent sur un mode de prononciation fréquent en Normandie, qui consiste à donner à la terminaison des infinitifs en er le son de air. Les exemples de ces rimes sont assez fréquents chez les meilleurs auteurs du dix-septième siècle.

Ainsi, dans Bajazet, de Racine, nous trouvons, acte II, scène Ire:

Malgré tout son orgueil, ce monarque si fier

A son trône, à son lit daigna l'associer;

et dans la scène III du même acte:

Eh bien! brave Acomat, si je leur suis si cher,

Que des mains de Roxane ils viennent m'arracher.

Du dix-septième siècle à nous, maint poète a fait usage des rimes normandes, qui, croyons-nous, ne seraient plus tolérées aujourd'hui.

[419.]—Lorsque Damiens, qui avait frappé Louis XV d'un coup de canif, fut interrogé, il cita plusieurs conseillers au parlement. «Je les nomme, dit-il, parce que j'en ai servi, et presque tous sont furieux contre M. l'archevêque.» Ces mots, dit un chroniqueur, ou plutôt la malignité naturelle aidée de la haine que tant de gens, et notamment les ecclésiastiques, portaient aux membres du parlement, firent croire ou dire que ce corps (le parlement) avait tramé la perte de Louis XV et aiguisé le fer dont Damiens le frappa le 5 janvier 1757. On crut d'ailleurs en voir la preuve dans l'anagramme qui fut faite sur le nom du régicide François-Robert Damiens, où l'on trouva: Trame de robins français.