Et toujours le gentilhomme verrier retournait à ce fourneau, qui lui brûlait le sang, qui lui desséchait les poumons.
Mais un matin il lui fut impossible de descendre du lit, où il s'était couché, exténué, la veille; et le médecin qui lui donna des soins pendant les deux mois que dura sa grave maladie, déclara que, s'il retournait à la verrerie, une rechute prochaine l'emporterait inévitablement.
«C'est bien! fit alors le jeune homme; je n'y retournerai pas.»
La mère l'embrassa pour cette bonne résolution. Et toutefois elle pouvait se dire: «Comment vivrons-nous?»
Le jour même où il remit pour la première fois le pied dehors, sa mère, qui le regardait de la fenêtre, le vit entrer dans une maison voisine, qui était celle d'un tisserand. Puis il revint auprès de sa mère, et lui dit: «Je ne peux plus être verrier, je serai tisserand.»
Et la mère de s'écrier: «O mon enfant, y penses-tu?» Car elle n'avait pas encore secoué les préjugés de sa caste.
«Il faut vivre, mère.
—Mais, mon fils!...
—Ce sera déroger, je le sais; mais j'ai appris à une rude école que tout travail doit être également noble, qui fait qu'on ne doit qu'à soi le pain de chaque jour. Le titre d'honorable artisan vaut bien, après tout, celui de noble mendiant.»
Sa mère l'embrassa de nouveau, les yeux mouillés.