—Non, car ils n'aurient pas même leurs coudées franches. Il faudra les arimer de côté....

—Mettons quarante; ils ne sont pas ici au bal pour faire les beaux bras et les jolis cœurs.

—Bah! quand il y a de la place pour quarante, il y en a bien pour cinquante!—dit le Borgne.

—Alors mettons soixante... que tu vas choisir ici, parmi les grands Namaquois; tu les amarreras d'un côté et les petits Namaquois de l'autre, pour qu'ils ne se dévorent pas... tu m'entends?

—Oui, capitaine.

—Pendant ce temps-là, toi, le Malais, tu prendras tout ce qui nous reste de poudre à bord de la goëlette, moins un baril, et tu l'apporteras ici... tu m'entends?...

—Oui, capitaine.

—Et dépêchons, car je vous cognerai si dans une demi-heure tout n'est pas paré....

Le Borgne descendit dans le faux pont du brick, choisit à peu près cinquante nègres ou négresses, y compris Atar-Gull... doubla leurs fers et les fit embarquer à mesure par section de dix, dans un canot qui les transportait à bord de la goëlette;... là, on les déposait provisoirement sur le pont... bien et dûment enchaînés.

De son côté, le Malais ouvrit la soute aux poudres de la Hyène, fort honnêtement garnie, et fit apporter sur le pont de la Catherine environ trois cents kilogrammes de poudre renfermés dans de petits barils.