Le Borgne et le Malais échangeaient de fréquents regards, et des mouvements d'yeux expressifs en considérant Brulart qui, appuyé sur son gros bâton, semblait méditer profondément.

Cet infernal trio avait une singulière expression, éclairé à moitié par la clarté du fanal que Cartahut balançait machinalement.

La figure de Brulart, reflétée au plafond par cette lumière rougeâtre, avait une horrible expression de méchanceté; on voyait aux rides qui, se croisant dans tous les sens sur son large front, s'effaçaient, allaient et revenaient, qu'il était sous l'influence d'une idée fixe, cherchant sans doute la solution d'un projet quelconque...

Enfin... frappant un grand coup de bâton sur le dos de Cartahut, il s'écria, joyeux et triomphant:

—J'y suis... j'y suis. Ah! dame frégate, tu veux manger dans ma gamelle... eh bien! tu vas goûter de ma soupe...

—Et vous autres—dit-il à le Borgne et au Malais qui causaient à voix basse de je ne sais quel meurtre ou quel vol, vous autres, imitez-moi... prenez des haches... mais d'abord descendons ces barils de poudre dans le faux pont....

Ce qui fut fait... puis ils enlevèrent avec précaution le dessus de chaque baril de poudre....

Puis ils agglomérèrent ces barils en les entourant de trois ou quatre tours de câbles et de chaînes... afin de les faire éclater avec une incroyable violence.

Puis Brulart mit au-dessus d'un des barils un pistolet armé et chargé, dont le canon plongeait dans la poudre.

Puis il attacha une longue corde à la détente de ce pistolet.