FÊTE.

Heureux Théodrick!... heureuse Jenny! voici donc enfin ce jour de fiançailles si impatiemment désiré.... Ne baisse pas tes beaux yeux... Jenny... laisses-y briller tout le bonheur que tu éprouves, cette expression rayonnante le rend si heureux, ton amant... qui, retiré dans un coin obscur des immenses salons du bonhomme Wil, ne te quitte pas du regard.

Si tu savais comme son cœur se dilate, s'épanouit en voyant les hommages qui t'environnent, et l'influence que ta beauté, que ta douceur exercent sur cette foule toujours envieuse ou injuste!

Il se dit:—Mon avenir est à jamais fixé! c'est une longue suite de jours riants et paisibles. «Elle et moi», ma vie se résume dans ces deux mots; vrai, je suis trop heureux.

Et ses yeux se mouillaient de larmes en la contemplant avec amour et reconnaissance.

Or, cette impression douce et pleine de charmes fut comme sympathique... car au même instant Jenny fixa sur lui ses deux grands yeux humides aussi...

Mais un troisième regard, se bifurquant, pour ainsi dire, se partageait entre les deux fiancés.

C'était celui d'Atar-Gull.

Placé dans l'embrasure d'une fenêtre, tout en activant le service des nègres, sa bouche conservait toujours ce sourire stéréotypé que vous connaissez... et il regardait Théodrick et Jenny d'un air joyeux.