Un bruit sourd et précipité lui fit aussi lever la tête, et il vit un secretaris[12] qui, décrivant dans son vol de larges cercles au-dessus du reptile, s'en approchait ainsi peu à peu....

Le serpent sentit l'inégalité de ses forces, et employa pour fuir, et regagner son trou qui était proche, cette prudence adroite, cette agilité calme qu'on lui connaît.

Mais l'oiseau, devinant son intention, s'abattit tout à coup, d'un saut se jeta au-devant de sa retraite, et l'arrêta court en lui présentant une de ses grandes ailes terminées par une protubérance osseuse dont il se servait à la fois comme d'une massue et d'un bouclier.

Alors le serpent se dressa furieux, les couleurs vives et bigarrées de sa peau étincelèrent au soleil comme des anneaux d'or et d'azur... sa tête se gonfla de rage et de venin, ses yeux rougirent, et il ouvrit Une gueule menaçante en poussant d'affreux sifflements....

Le secretaris étendit une de ses ailes, et s'avança de coté contre son ennemi qui le guignait de l'œil, et faisait osciller son corps à droite ou à gauche, suivant ainsi les mouvements et les attaques de l'oiseau.

À un saut que fit ce dernier... le serpent s'abaissa tout-à-coup, et tenta de le mordre et de l'envelopper....

Mais le secretaris, livrant le bout osseux de ses ailes aux dents aiguës du reptile, le saisit dans ses serres, et d'un effroyable coup de bec lui ouvrit le crâne....

Le serpent agita violemment sa queue... en battit la terre... se roula... se tordit... finit par rester sans mouvement... et mourut.

Alors l'oiseau, revenant à la charge, lui déchiquetait la tête avec fureur, lorsqu'un coup de feu l'abattit....

Atar-Gull tressaillit, se retourna et vit au-dessus de lui, sur une roche, Théodrick, son fusil à la main....