—Allons—dit Théodrick—dépêchons-nous d'arriver à l'habitation, afin qu'on ne nous voie pas... porte le serpent, Atar-Gull, et suis-moi....
L'habitation était tout proche, Théodrick marchait le premier, et le noir, tenant le serpent par la queue, le traînait sur la savane qui s'affaissait et formait un léger sillon ensanglanté sous le poids du cadavre de ce reptile.
Ils arrivèrent...
La maison du bon homme Wil, comme toutes les demeures des colons, n'avait qu'un rez-de-chaussée et un premier étage.
Au rez-de-chaussée étaient les chambres de M. et de madame Wil et de Jenny.
Une double persienne et une jalousie les défendaient de la chaleur dévorante du ciel des tropiques.
Théodrick... s'approcha sur la pointe du pied, souleva un coin de la jalousie, car il trouva la persienne à demi ouverte...
Jenny n'était pas dans sa chambre, elle priait sans doute avec sa mère...
Alors Théodrick écartant le store enjamba la plinthe de la fenêtre, prit le serpent des mains d'Atar-Gull, qui, par une dernière mesure de précaution, voulut encore écraser le cou du reptile sur les dalles qui servaient d'appui au chambranle.
Puis Théodrick cacha le serpent, dont les vives couleurs étaient déjà ternies par la mort, sous une petite table, remit la jalousie, la persienne et le store en place, puis se retira.