Et le colon... haletant... comme fasciné par le regard d'Atar-Gull... le contemplait en silence.

—Alors, vois-tu—reprit le noir—il m'a fallu dévorer ma haine qui me tordait le cœur; le jour, le rire sur les lèvres, te servir, et baiser ta main qui me frappait, en pleurant de joie....

Et c'est de joie aussi que je pleurais, Tom Wil... car chaque coup... chaque humiliation que j'endurais avançaient ma vengeance d'un pas....

Et j'ai eu ta confiance! ton attachement! enfin!—

Hurla le noir avec un affreux éclat de rire....

—Et c'est moi qui t'ai traduit au tribunal des empoisonneurs, qui ai fait empoisonner tes bestiaux, tes noirs, et même le premier-né que j'eus de Karina, pour éloigner tout soupçon de moi... bon et fidèle serviteur...—

Et Atar-Gull fit une pause, un silence, comme pour donner à chacune de ses atroces révélations le temps d'entrer bien douloureusement au cœur du colon, qui croyait rêver.

Puis il reprit....

—Et c'est moi, Tom Wil, qui ai incendié tes propriétés en incendiant aussi la case que tu m'avais donnée, et qui ai couru au milieu du feu, pour qu'on ne pensât pas à m'accuser... moi, bon et fidèle serviteur.

Ici une nouvelle pause....