Environ deux mois après, Atar-Gull, suffisamment instruit dans notre religion, avait été solennellement baptisé à Sainte-Geneviève sous le nom de Bernard-Augustin, et un soir, le 24 août, le jeune et digne prêtre qui l'avait recueilli, lui parlait de je ne sais quelle imposante cérémonie où le nouveau néophite devait jouer le principal rôle, grâce aux soins et démarches du docteur, secondé par tous les locataires de la rue Tirechape et les habitants du quartier, que la belle et vertueuse conduite de M. Targu pour son maître avait édifiés.
CHAPITRE IV.
...La vertu est une chose sans prix....
M. Le marquis.—Vaudeville.
Une autre intention que nous pouvons tout
aussi raisonnablement supposer au noble fondateur,
c'est celle de convertir ces hommes
assez malheureux pour ne pas croire à la vertu.
Discours de M. le baron Cuvier.
LE PRIX DE VERTU.
Le 25 août ***, par un riant soleil qui inondait de clarté la belle coupole de la salle des réunions solennelles de l'Institut, l'élite de la société de Paris se pressait sur les banquettes, impatiente de voir face à face les immortels, et d'ouïr quelque menue lecture de vers allégoriques, de poèmes didactiques ou de contes politiques, qui devaient tout doucettement conduire la patiente et benoîte assemblée jusqu'au rapport de la commission chargée de décerner le prix de vertu fondé par feu M. de Montyon.
Et puis aussi on devait distribuer des palmes aux lauréats, aux favoris d'Apollon... aux bien-aimés des Muses....
Or, pour la cent troisième fois, M. ***, bien-aimé d'Apollon et favori des Muses, vint saluer modestement la foule endormie et baiser le président, qui lui mit sur les oreilles une couronne de chêne vert, en lui disant:—Macte animo.