Le médecin entrait au moment où il rendait le dernier soupir.
Le nègre tomba comme si ses jambes se fussent dérobées sous lui.
Saisissons cet instant pour l'entraîner hors d'ici—dit le bon médecin—je m'en charge....
—C'est moi...—dit l'abbé—je vous en prie, monsieur, laissez-moi cette bonne œuvre... il m'a presque promis d'embrasser notre sainte religion.
—C'est une raison contre laquelle je ne puis rien objecter—répondit le docteur—mais de mon côté je vais faire mon rapport au maire de cet arrondissement, car si de telles vertus sont récompensées dans le ciel, elles doivent aussi l'être sur la terre....
Nous nous entendons, je le vois—dit le vertueux prêtre en prenant la main du médecin.
Atar-Gull était sans connaissance, on le transporta chez l'abbé, et le commissaire vint mettre les scellés sur le misérable mobilier du colon.
On trouva dans la petite cassette l'espèce de journal dont nous avons parlé, qui faisait un si pompeux éloge d'Atar-Gull, et l'instituait légataire de tout ce que le colon possédait.
Le surlendemain de la mort du pauvre Will, les passants se découvraient devant le corbillard des pauvres qui se dirigeait vers le cimetière de l'Est, suivi d'un nègre qui pleurait fort, soutenu par un prêtre et un homme à cheveux blancs (le médecin).