»Il nous reste, messieurs, à faire connaître les pièces justificatives qui seront déposées au secrétariat de l'Institut.
»—1º Le testament olographe de M. Wil qui, par les clauses les plus flatteuses, institue Atar-Gull légataire universel du peu qu'il possédait.
»—2º L'acte d'affranchissement du nègre, apostillé longuement par le gouverneur de la Jamaïque, qui rend un éclatant hommage aux excellentes et nobles qualités d'Atar-Gull, et cite les faits honorables qui lui ont mérité cette faveur.
»—3º Un certificat du commandant de la frégate anglaise le Cambrian qui a ramené en Europe le colon et son fidèle esclave, lequel certificat, signé de tout l'état-major, contient les plus grands éloges sur l'admirable conduite du nègre pour le colon.
»—4º Une demande signée par les locataires qui habitent la maison où était logé feu M. Wil, et appuyée des attestations des principaux habitants du quartier qui affirment que la conduite d'Atar-Gull a été parfaite et dévouée, et qui s'intéressent tous à ce qu'elle ne reste pas sans récompense.
»—5º Des notes particulières remises par le médecin qui a soigné M. Wil dans sa dernière maladie, et qui le premier a appelé les regards de l'autorité sur ces faits si honorables pour l'espèce humaine.
»—6º Une lettre de M. Duval, prêtre à Saint-Geneviève, qui a suivi Atar-Gull dans tous les exercices religieux, et a été édifié de sa conduite admirable et de ses regrets sincères et touchants.
»Voici, messieurs, les titres sur lesquels la commission a basé son jugement; nous osons croire qu'elle trouvera des approbateurs, et que l'imposante et sainte mission qui nous a été confiée aura été religieusement et consciencieusement remplie aux yeux de tous.
»D'après ce, le prix de vertu de dix mille francs, fondé par feu M. de Montyon, est décerné à Atar-Gull Bernard-Augustin.»
Il est impossible de décrire les transports et l'ivresse que ce long rapport excita dans l'assemblée.