—Ah! mon Dieu... une goëlette... c'est peut-être celle que nous deux ce pauvre Simon nous avions déjà signalée!
—C'est possible, capitaine; voici la longue-vue...
—Donne... donne, mon garçon..., ah! mais... oui... bigre... c'est bien cela; et tu dis qu'elle a l'air de nous suivre?
—Voyez plutôt, capitaine.
—Ça ne dit rien, on peut faire la même route sans pour cela suivre les gens comme des voleurs à la piste.
—Si vous m'en croyez, capitaine, nous laisserons porter un quart de plus, nous virerons de bord s'il le faut; et si elle imite en tout notre manœuvre, nous serons bien sûrs alors qu'elle veut nous appuyer une chasse. Hein?
—Pourquoi faire? nous chasser! ce n'est pas un bâtiment de guerre préposé pour empêcher la traite, c'est tenu comme une piguière; si c'est un pirate, il doit bien voir à notre air d'où nous venons, et qu'il n'y a rien à faire ici pour lui...
—Dam, capitaine... voyez... mais elle approche... elle nous gagne... c'est celle-là qui a des jambes... bon, voilà qu'elle grée ses catacoës... et toujours le cap sur nous; c'est là que je reconnais l'entêtement?—dit Caiot en agitant son index.
—Écoute, garçon, fais venir un peu au vent, après laisse arriver; virons enfin de bord... et si elle nous suit toujours, nous lui demanderons ce qu'elle nous veut; n'est-ce pas?... c'est plus franc...
D'après cette décision, la Catherine se mit à louvoyer.