—Par tous les crânes que j'ai fendus.—Et il se dressa debout.

—Par tous les gosiers que j'ai échancrés!—Et il marcha sur Benoît.

—Par tous les navires que j'ai pillés.—Et il regarda le malheureux capitaine sous le nez.

—Que tu feras davantage pour moi, monsieur des grands Namaquois.

—Me trahirais-tu?—demanda Benoît pâle comme la mort.

—Si je-te-tra-his?...

Et à peine Brulart avait-il terminé ces mots, qui furent accentués lentement, qu'un rire tout homérique ou plutôt tout méphistophélétique, ou mieux encore, un vrai rire de hyène, souleva sa large poitrine.

—Ah! gredin... bigre de forban...—dit l'honnête Benoît en lui sautant au cou....

Mais Brulart, saisissant les deux bras de Benoît, les emprisonna dans son poignet de fer, tandis que de l'autre main il dénoua la corde qui lui servait de ceinture, et en quelques minutes Benoît fut ficelé, lié, enchevêtré, de manière à ne pouvoir faire le plus léger mouvement; après quoi Brulart le posa en travers sur son grand coffre, en lui disant:

—À tout à l'heure, nous allons rire... confrère.