—Toi, timonier, le cap à l'est-sud-est—dit Brulart—et veille aux embardées, ou je te cogne;—puis il descendit retrouver son prisonnier.
—Ah! brigand... forban, gredin....—cria celui-ci dès qu'il le vit—ah! si j'avais eu des canons et mon brave Simon... tu ne m'aurais pas pris comme un congre dans son trou....
—Tout de même, papa....
—Non!... bigre... non... fichtre!...
—Comme tu voudras... mais il fait solidement soif....
Brulart prit alors sa barre de chêne, et frappa le plancher.
Le mousse à la vilaine tête reparut, et à peine M. Brulart eut-il fermé ses doigts moins le pouce, qu'il tendit vers sa bouche en haussant le coude... qu'une grosse cruche de rhum était sur la petite table.
Le capitaine de la Catherine, toujours amarré sur son coffre, se trouvait dans l'impossibilité de faire un mouvement.
—Dis donc, confrère—reprit Brulart, après s'être ingéré un énorme verre de cette liqueur alcoolique;—dis donc, pour passer le temps, jouons à un jeu, veux-tu? à pigeon vole... non, tu es attaché; à mon corbillon... c'est bien fade; à M. le curé n'aime pas les os... ça sent le blasphème; tiens, j'y suis, jouons à deviner; je te préviendrai quand tu brûleras, comme nous disions au lycée Bonaparte... voyons, devine... devine... ah! tiens, devine ce que je vais faire de toi et de ton équipage.
—Bigre, ce n'est pas malin! nous piller, scélérat....