—C'est un lâche... il me craint, et il me demande grâce—avait dit Brulart—je croyais qu'il valait mieux que ça; au fait, c'est trop brute pour avoir de la colère et de la haine.

Cette conviction perdait Brulart; de ce jour Atar-Gull avait sur lui un avantage immense.

Le capitaine, ne le jugeant donc pas digne de son animosité, lui tourna le dos.

Et ses pensées prirent une autre direction; il vint à se souvenir que ses noirs n'avaient rien pris depuis la veille, et appelant le Malais, qui parlait caffre et avait servi d'interprète dans l'échange du malheureux Benoît, il lui donna ses ordres.

Une heure après, les grands Namaquois reçurent une portion d'eau, de morue et de biscuit, puis vinrent par fractions de douze ou quinze humer un peu d'air sur l'avant du brick.

Ils s'épanouissaient aux bienfaisants rayons du soleil, ces pauvres nègres; ils oubliaient la vapeur épaisse et humide de la cale, et riaient de leur rire stupide, en revoyant ce ciel bleu... qu'ils se montraient les uns aux autres.

Le Malais remonta comme la troisième fraction de femmes descendait... car les femmes que nous avons vues dans le faux pont participaient aussi à cette bienfaisante promenade—Capitaine...—dit le Malais à Brulart (et il lui parla bas à l'oreille).

—Tout à l'heure, dans ce moment je suis en affaire—répondit le capitaine qui paraissait courroucé.—Viens ici, toi, le Grand-Sec, il s'adressait à un matelot qu'on avait, je ne sais pourquoi, surnommé le Grand-Sec, car il était gros et petit.

—Viens ici—reprit-il—et pourquoi, carogne, as-tu osé toucher à une de ces dames qui viennent de descendre; ne sais-tu pas mon ordre... et que c'est sacré?...

—Oh! sacré... sacré....