Et il prit le négrillon dans ses larges et grandes mains....

La négresse monta toute tremblante, croyant qu'on allait la battre, et serrant son fils entre ses bras...

Quand elle vit les deux cadavres, elle poussa un cri triste et doux, s'agenouilla et se prit à chanter quelques paroles d'une mélodie singulière...

—Toi, le Malais—dit Brulart—apprends-lui qu'elle n'est pas là pour seriner des antiennes, mais pour prendre ce négrillon et le nourrir avec le sien...

Le Malais lui présentant l'enfant:—Tiens—lui dit-il en caffre....—le chef pâle t'ordonne de partager ton lait entre ton fils et celui-ci.

La jeune femme le regarda avec étonnement, et répondit en secouant la tête...

—Oh! non, je ne puis, cet enfant, vois-tu, est le premier né d'une vierge...

—Qu'est-ce que cela fait?...

—Oh! non, je ne puis... sa mère est morte... elle est allée au grand Kraal de là haut! Il faut que son enfant meure avec elle... sans cela... qui la servirait au grand Kraal... la pauvre mère... si ce n'est son enfant?... il faut qu'il meure! le premier fils d'une vierge jamais ne doit quitter sa mère...

Et la jeune femme reprit son chant triste et doux, puis baisa le petit enfant qui lui souriait... en lui tendant ses bras.