—C'est arrêté, nous jouons la comédie,—dit madame de Lussan.—Crâo copiera les rôles et servira de souffleur, ma femme de compagnie tiendra le piano, le régisseur aura son violon,—le maître d'hôtel sa flûte, et un de nos gens qui donne du cor d'harmonie complétera l'orchestre.—Ce sera délicieux... Approuvé..... approuvé...... Seulement que jouerons-nous, demanda M. de Mersac,—jouons Hernani?—Oh bien, oui, c'est romantique ça—hoc turpissimum est, s'écria le fils de M. de Mersac, lycéen de 16 ans, qui ne pouvait dire une phrase sans la finir en latin, depuis qu'il était en vacance,—pure contrariété. Le misérable au collége avait ses humanités en horreur.

—Comment vous parlez encore votre vilain latin... Jules, dit en minaudant madame d'Alby, qui avait promis à la mère de Jules de ne rien lui passer d'inconvenant...

—Nous ne serons pas assez, objecta M. d'Alby.

—Mais les voisins de terre qui nous arrivent demain?... pensez donc, quel renfort.... reprit madame de Lussan... seulement Hernani..., pour commencer... ce n'est pas aisé.

—Et puis au fait, c'est romantique, dit madame d'Alby qui paraissait partager les opinions littéraires du lycéen.

—Pourquoi pas jouer Faust de Goëthe tout de suite? reprit M. de Mersac...

—Vous croyez rire... dit M. de Cérigny... eh bien j'y pensais...

—Le fait est, reprit madame de Lussan, que ce serait piquant,... si nous en essayions?....

—Ce sera bien ennuyeux, dit l'un...

—Aimez-vous mieux Athalie, reprit un autre.