Il faisait une fraîcheur ravissante, les piqueurs de M. de Lussan, exécutaient au fond du bois de mélodieuses fanfares dont l'harmonie lointaine était répétée à l'infini par les échos.
—Que cette fanfare de Guillaume Tell fait ainsi un admirable effet, dit Georges, abandonnant sa glace pour écouter avec plus d'attention.
—C'est à M. de Cérigny que nous devons pourtant cette idée merveilleuse de faire tous les soirs donner de la trompe dans la forêt, dit madame de Lussan.
—Il n'en fait jamais d'autres... répondit Hortense.
Et pourtant reprit Georges, j'ai moi une idée qui vaut au moins toutes celles de M. de Cérigny...
—Voilà de la présomption, monsieur de Verneuil, dit Hortense...
—Voyons, Georges, repartit M. de Cérigny... voyons votre idée... je ne cède pas d'avance mes avantages.
—Eh bien, Madame, dit Georges en s'adressant à madame de Lussan, vous avez ici une charmante salle de spectacle... et il est affreux que personne... pas même Cérigny, n'ait pensé à y jouer la comédie...
—Bravo, bravo, l'idée est parfaite, répéta-t-on en cœur, c'est délicieux;—cela vaut bien mieux que les fanfares de M. de Cérigny.—Quand—jouons-nous?—que jouons-nous?—l'opéra?—le drame?—le vaudeville?—ce sera charmant?—je n'oserai jamais?—et des costumes?—
Telles furent les approbations, les interjections et les questions que suggéra le projet de Georges.